Intérêt pour la filière viti-vinicole
:
Pour atteindre une maturité phénolique idéale,
il est parfois nécessaire d’attendre et d’obtenir
en final un vin très alcoolisé. Dans ces cas
de figure, des technologies de séparation sélective
ou des stratégies viticoles (modification des systèmes
de conduite, recherche de nouveaux cépages, recherche
de cépages ou modification génétique
permettant de répondre à ces objectifs…)
pourraient apporter des solutions
L’idée est d’étudier les possibilités
(viticoles ou vinicoles) de réduction de la teneur
en sucre de la vendange ou en alcool des vins et d’étudier
les conséquences en terme de profil des produits obtenus.
Partenaires techniques de l’action :
INRA, INA-PG, IR, ICV, CA 33, UNGDA INAO, DGCCRF, DGDDI,
CNVDP, FNDCV, UNDV, FHVDP, VDP d’OC, ENESAD, Lallemand,
Pernod Ricard, Vaslin Bucher
3 programmes imbriqués (Régional - CPER, National
– Groupe VINIFLHOR, ANR)
Derniers résultats acquis :
Les premiers essais de désalcoolisation par distillation
ont été réalisés en utilisant
une colonne à distiller sous vide poussé,
disponible à la distillerie de Vallon Pont d’Arc
(Atelier de concentration). Le principe de traitement retenu
est celui du système « spinning cone column
» de la société Conetech. Une partie
du vin est fortement désalcoolisée et réassemblée
avec le vin d’origine pour obtenir la réduction
d’alcool. Un premier passage sur la colonne a permis
au préalable d’extraire les arômes de
la partie du vin désalcoolisé, cette fraction
arômatique est réintégrée au
vin traité.

Distillerie de Vallon Pont d’Arc – Atelier
de concentration |
Ces essais ont
été réalisés sous le régime
de la dérogation dite des « 50 000 hl
» accordée par la DGCCRF (article 46
règlement EU n° 1493/1999).
Au niveau analytique, les essais de désalcoolisation
par distillation fractionnée sous vide confirment
les premiers résultats obtenus en minicuverie.
On observe une légère augmentation de
l’intensité colorante, vraisemblablement
liée à une légère concentration
et un léger effet pH. L’acidité
volatile n’est pas modifiée par la distillation.
L’analyse sensorielle a montré que l’objectif
de baisser la sensation « d’alcool »
a été atteint. Cependant, la désalcoolisation
réalisée semble globalement avoir affecté
le profil aromatique des vins, tant au nez qu’en
bouche. Les analyses des composés volatils
confirment une diminution globale de la concentration
des composés allant jusqu’à une
complète disparition pour le vin fortement
désalcoolisé. L’intensité
aromatique est fortement affectée, ceci peut
être mis en relation avec la mauvaise récupération
des arômes ou leur modification / élimination
par le traitement thermique. Cet aspect pourra être
corrigé par l’application des propositions
d’améliorations de l’UNGDA ( Etude
ANR en cours). |
En bouche, les sensations de « gras-volume »,
et de « matière-concentration » notamment
pour les rouges semblent par contre reliées directement
à la perte en alcool. Ces dégustations sont
réalisées en comparaison avec le témoin
riche en alcool. Il faut donc relativiser ces écarts
mis en évidence par un jury de techniciens. Le vin
désalcoolisé « isolé »
présenté à un dégustateur type
consommateur ne donnerait peut-être pas une réponse
aussi nette en sa défaveur. Les futures enquêtes
consommateurs sont donc très importantes pour mesurer
l’acceptabilité de ces produits (Etude Régionale
et ANR).
Les résultats obtenus avec les essais comparatifs
en petit volume en utilisant les installations pilotes de
l’INRA de Pech Rouge sur les mêmes vins montrent
qu’en optimisant les réglages, il est possible
d’améliorer le profil aromatique.
Les essais réalisés à Vallon Pont
D’Arc ont démontré que les conditions
de mise en œuvre du vin, produit fragile vis-à-vis
des oxydations et pertes aromatiques doivent être
améliorées. Le volume mort important généré
par la technologie de distillation sous vide est à
prendre en compte. La colonne doit être adaptée
en taille, capacité aux volumes à distiller,
faute de quoi il est difficile d’établir des
bilans matières pour améliorer les procédés.
Les distilleries et les caves devront être particulièrement
vigilantes aux problèmes d’hygiène des
matériels (transport, cuverie, colonnes à
distiller…) et de protection des vins fortement désalcoolisés
contre les altérations microbiennes et l’oxydation.
Des précautions devront être prises à
chaque stade du procédé avec notamment un
sulfitage adapté.
Le programme ANR se propose d’étudier plus
spécifiquement cette mise au point de traitement.
En parallèle des études sur le couplage Osmose
Inverse ou Nanofiltration et distillation sont en cours.
Le procédé REDUX® développé
par la société Vaslin-Bucher a été
expérimenté sur le millésime 2005.
Ce procédé permet de diminuer la concentration
initiale en sucre des moûts avant mise en fermentation,
par la mise en oeuvre de deux procédés membranaires
associés (Ultrafiltration et Nanofiltration).
Bibliographie :
WUCHERPFENNBIG K., 1980, Possibilités d’utilisation
de processus membranaires dans l’industrie des boissons.
Bulletin de l’OIV, n° 589, 187 - 208
ESCUDIER JL – Evaluation de quelques techniques adaptées
à la désalcoolisation des vins – Unité
expérimentale INRA de Pech Rouge – Gruissan
– La revue des œnologues n° 575-1990.
NOILET P., 2004, Contribution aux différentes applications
de l’osmose inverse dans le traitement des moûts
et des vins, Mémoire de Diplôme Universitaire
d’Expérimentation et de Recherche en Œnologie
Ampélologie, Université de Bordeaux II. 7,
10, 65,
Site à consulter : ConeTech Inc. www.conetech.com