Etude
des résidus de collage et de leur éventuelle allergénicité
Mise
en œuvre de la traçabilité au sein des exploitations
vitivinicoles – Mise à jour du guide des bonnes
pratiques d’hygiène
Moyens
de lutte contre l’Ochratoxine A au vignoble et dans les
vins
Résidus
de produits phytosanitaires et métabolites |
Etude des résidus de collage et de leur éventuelle
allergénicité |
 Intérêts
pour la filière vitivinicole
Dans le cadre de la directive sur l’étiquetage
(2003/89/CE), les étiquettes des vins collés
pourraient mentionner « contient de l’œuf
», « contient du lait » ou « contient
du poisson ». Après avoir obtenu en 2005 une
dérogation provisoire à cet étiquetage,
les professionnels du vin ont souhaité demander l’exemption
permanente à la mention d’œuf, de lait ou
de poisson sur les étiquettes. Pour cette demande,
l’Union Européenne exigeait des résultats
scientifiques démontrant l’absence de risque
d’allergénicité des vins collés.
Derniers
résultats acquis
L’éventuel effet allergisant des résidus
de colles dans les vins a été étudié
depuis 2003 par la réalisation d’un modèle
animal. Des souris ont ainsi permis de détecter des
résidus de colles dans des vins pilotes et des vins
commerciaux. Ce modèle animal étant reproductible,
il a donc été validé. Les travaux se
sont orientés en 2005 vers la mise en place de tests
ELISA sandwich (enzyme linked immunosorbent assay) pour
la détection de résidus de colles. Ces tests
ont été réalisés sur des lyophilisats
de vins avec des sérums de lapins sensibilisés
aux colles. Une fois validé, ce test a permis de
sonder un petit échantillon de vins français
afin de déterminer la proportion de bouteilles dans
lesquelles des résidus de colles étaient détectables.
Ces travaux ont été complétés
grâce à notre collaboration avec des équipes
allemandes, qui ont développé une seconde
méthode de détection : l’ELISA compétitive.
Suite à la demande de l’Autorité Européenne
de Sécurité des Aliments (EFSA), la mise en
place d’une étude clinique sur des individus
allergiques à l’œuf, au lait ou au poisson
a permis de compléter ces approches de laboratoire.
Des adultes allergiques ont participé à des
tests en double aveugle. Ni le médecin, ni le patient
ne savait dans quel ordre le vin collé et l’homologue
non collé étaient testés. Les femmes
ont été amenées à consommer
200 mL de vin, et les hommes 300 mL de vin. Les vins rouges
et blancs testés provenaient de différentes
régions viticoles françaises et allemandes.
Le modalités de l’étude clinique ont
été établies en collaboration avec
nos homologues allemands afin de pouvoir compiler les données.
Les résultats de l’étude clinique montrent
que la consommation de vins collés puis filtrés
pour éliminer les lies de colle n’enclenchent
pas de réaction allergique, même pour les vins
collés avec cinq fois la dose recommandée.
Après avoir bu un vin collé à l’œuf,
une seule réaction douteuse a pu être observée.
Ce cas devra être approfondi. D’autre part,
la recherche d’adultes allergiques s’est avérée
très difficile car ces trois allergies sont très
rares à l’âge adulte. Malgré des
efforts considérables en France et en Allemagne,
seuls 18 patients ont jusqu’à présent
été testés. Ceci montre que le risque
est faible dans notre population.
Actuellement, les dossiers contenant les résultats
de nos recherches ont été soumis à
l’Union Européenne, qui a prévu une
année pour faire examiner et évaluer les données
par les experts de l’EFSA. La dérogation provisoire
sera levée ou prolongée à partir du
25 novembre 2007.
Partenaires
techniques
Depuis 2005, les travaux ont été réalisés
lors de la coopération de plusieurs institutions
européennes, de producteurs de colles œnologiques
et d’administrations, menée par ITV France,
VINIFLHOR, l’Association Allemande de Producteurs
de Vins et l’Académie Allemande du Vin.
Le volet analytique a été réalisé
par l’Institut National d’Agronomie de Paris-Grignon
et l’Institut de Biochimie et de Chimie de Aliments
de l’Université de Hambourg. Le volet clinique
de nos travaux s’est déroulé à
l’Hôpital Tenon de Paris avec ses partenaires
à Grenoble, Montpellier et Besançon, et en
Allemagne à l’Hôpital de l’Université
Technique de Munich.
Le cidre étant aussi collé avec des colles
à base de caséines, le Centre Technique des
Productions Cidricoles s’est associé à
ce programme.
Bibliographie
consultable
Les résultats de ces recherches seront publiés
une fois que l’avis de l’EFSA sera donné
et la décision de l’UE connue.
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Mise
en œuvre de la traçabilité au sein des exploitations
vitivinicoles – Mise à jour du guide des bonnes
pratiques d’hygiène |
Intérêt pour la filière viti-vinicole:
L’action est divisée en deux sous-actions :
1) Mise à jour du guide des bonnes pratiques d’hygiène
(GBPH) filière vin
Un précédent guide avait été rédigé
en 1999 par ITV France. Ce guide est actuellement repris afin
de tenir compte des nouvelles exigences réglementaires
(paquet hygiène). ITV France anime le groupe de travail
et rédige le document.
2) Traçabilité
Le but est d’accompagner les viticulteurs dans la mise
en place de la traçabilité et la tenue des enregistrements
sur l’exploitation vitivinicole. Cette sous-actionl
doit aboutir à la rédaction de deux guides à
l’usage des agriculteurs : l’un sur la traçabilité
(mise à jour du guide existant), l’autre sur
tenue des documents de l’exploitation agricole
3) Portail internet pour la traçabilité
L'Institut a participé à la création d'un portail avec des partenaires
italiens, allemands et espagnols. Ce site propose des applications destinées aux professionnels de la filière relatives à
- la qualité (outil d’implémentation et de gestion de la qualité),
- le HACCP (outil d’implémentation et de gestion de la méthode HACCP),
- la gestion de la vigne (prédiction des maladies, aide à la
fertilisation…),
- la gestion de la cave (suivi de la fermentation alcoolique, aide à
l’assemblage, gestion des équipements et des services).
Pour plus d'informations: www.viniserv.fr
Partenaires techniques de l’action :
Traçabilité : ACTA
Mise à jour du GBPH filière vin : Viniflhor,
DGCCRF, UŒF, UFLIO, INAO, Lycée Viticole d’Amboise,
Inter-Rhône, BNIC, ICV, Chambre d’Agriculture
41, VIF, EGVF, AFED, CNAOC
Derniers résultats acquis :
Mise à jour du GBPH : la liste des dangers à
analyser a été arrêtée. A l’issue
d’une étude bibliographique approfondie sur ces
dangers, certains d’entre eux seront définis
comme points critiques à maîtriser et d’autres
seront maîtrisés par des bonnes pratiques en
fonction des résultats.
Traçabilité :
- Rendu d’un rapport de stage « Etude de la
traçabilité dans la filière vin ».
Il comporte une étude sur les outils de la traçabilité
allant du vignoble à la cave dans la filière
vin, notamment sur les support utilisés et les différentes
informations notées pour garantir le suivi des produits.
- Finalisation de la mise à jour du guide pratique
traçabilité pour l’agriculture et l’industrie
alimentaire
- Rendu d’un rapport de stage « Etude de la
traçabilité et de la documentation dans l’exploitation
vitivinicole ». Il comporte un état des lieux
de la mise en place de la traçabilité au vignoble
et à la cave. En parallèle est établi
un récapitulatif des documents d’enregistrement
à tenir et des déclarations à réaliser
relevant d’obligations réglementaires ou de
cahiers des charges d’application volontaire.
Bibliographie consultable
Guide des bonnes pratiques hygiéniques filière
vin (1999), Journal Officiel du 24 novembre 1993. Ed. journaux
officiels, 126P
Règlement CE n° 178/2002 du parlement européen
et du conseil du 28 janvier 2002 listant les principes généraux
et les prescriptions générales de la législation
alimentaire, instituant l’Autorité européenne
de sécurité des aliments et fixant des procédures
relatives à la sécurité des denrées
alimentaires.
V. Justine, 2005. Etude de la traçabilité
dans la filière vin. Rapport de stage ENSAT 2eme
année.
A. Michel, 2006. Etude de la traçabilité et
de la documentation dans l’exploitation vitivinicole.
Rapport de stage de fin d’études Agro Montpellier.
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Moyens
de lutte contre l’Ochratoxine A au vignoble et dans les
vins |
Intérêt pour la filière :
L’ochratoxine A (OTA) est une mycotoxine sécrétée
par plusieurs espèces de champignons et notamment Aspergillus
carbonarius que l’on retrouve au vignoble, sur les baies
de raisin.
Ce contaminant alimentaire est donc présent dans certains
moûts et vins issus de vignobles très proches
(moins de 20 km) de la Mer Méditerranée.
Depuis les vendanges 2005, le règlement 123/2005/CE
s’applique dans toute l’Union Européenne
et limite les teneurs des vins en OTA à 2 µg/L
lors de leur première commercialisation ; il est donc
nécessaire d’essayer de limiter au maximum la
présence du champignon au vignoble et de réduire,
s’il y a lieu, la concentration d’OTA dans les
moûts et les vins.
Partenaires techniques de l’action :
Unités ITV France de Nîmes, Narbonne, Tours
et Nantes, Viniflhor, INRA, Institut Rhodanien, ICV, CNIV,
SDQPV, ENSAT, Université de Grenoble, DGCCRF, firmes
phytosanitaires et œnologiques
Derniers résultats acquis :
Des essais au vignoble et en cave ont permis de trouver
des moyens de lutte efficaces aussi bien viticoles qu’œnologiques.
Essais au vignoble :
Les essais menés depuis 5 ans au vignoble ont permis
d’élaborer la stratégie de lutte suivante
pour diminuer au maximum la présence de l’Aspergillus
carbonarius.
• Éviter les entassements de végétation
pour limiter la présence de fumagines
• Maîtriser parfaitement les vers de la grappe
et utiliser des insecticides à action ovicide
• Choisir judicieusement les fongicides utilisés
contre la pourriture grise
• Protection anti-mildiou conseillée
• Une bonne maîtrise de l’oïdium
est par ailleurs indispensable
• Vendange précoce des parcelles à risque
et tri de la vendange
L’essentiel est de limiter au maximum les blessures
de la baie, car le champignon s’y développe
préférentiellement.
Le risque OTA peut se gérer en respectant les conseils
précisés dans le tableau ci-après :
|
Niveau |
Caractéristiques
des risques |
Méthodes
de lutte |
| Risque
faible |
Distance à la mer Méditerranée
supérieure à 30 km et altitude supérieure
à 200 m |
Bonne gestion des tordeuses |
| Risque
moyen |
Distance à la mer Méditerranée
inférieure à 30 km
Faible pression des tordeuses
Absence visuelle du champignon
Grappes correctement aérées |
Bonne gestion des tordeuses Éviter
les entassements de végétation
Maîtriser mildiou et pourriture acide |
| Risque
fort |
Distance à la mer Méditerranée
inférieure à 30 km
Forte pression des tordeuses
Présence visuelle du champignon
Grappes mal aérées |
Toutes les mesures de lutte décrites |
Essais œnologiques :
Même si l’essentiel des moyens de lutte contre
l’OTA est au vignoble, des solutions en œnologie
existent.
La technique de vinification peut permettre de limiter la
concentration en OTA dans les vins en limitant au maximum
les macérations et en évitant les chauffages
trop longs de vendanges. Une vinification de type rosé
(pressurage direct) est conseillée sur une vendange
très fortement contaminée.
De plus, les levures assurant la fermentation alcoolique
ont une capacité d’adsorption de l’OTA
plus ou moins importante selon les souches. Nos premiers
essais en 2004 ont montré que l’adsorption
était supérieure dans les moûts contaminés
rouges que blancs. Les résultats 2005 confirment
que plus une levure adsorbe de la couleur plus elle adsorbe
de l’OTA. Un choix judicieux dans la souche de levure
est alors possible.
Différents produits de collage ont également
été testés et n’ont révélé
qu’une efficacité médiocre (bentonite,
gélatine, colles œnologiques…).
Seul le charbon à usage oenologique assure une élimination
quasi-totale de l’OTA et le règlement 2165/2005/CE
autorise depuis peu, entre-autre, son utilisation pour le
traitement, dans certaines limites, de moûts et de
vins nouveaux encore en fermentation.es essais menés
en 2005 sur un jus de raisin rouge contaminé en OTA,
vinifié en phase liquide (sans macération),
ont montré qu’à une dose de 40 g/hl,
le charbon élimine 90% de l’OTA présente
et qu’à 20 g/hl, 70 % de l’OTA a disparu.
Le charbon a été rajouté en cours de
fermentation alcoolique. La mesure de la couleur du vin
en bouteille montre qu’à 40 g/hl, 25% environ
de la couleur a été adsorbée par le
charbon (et 10 à 15 % à une dose de 20g/hl
de charbon). Ces résultats sont tout à fait
intéressants et des essais sur des moûts vinifiés
avec macération feront l’objet de la campagne
2006.
Différents moyens de lutte efficaces contre l’OTA,
sont donc à la disposition du professionnel aujourd’hui,
aussi bien à la vigne qu’au chai. |
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Résidus
de produits phytosanitaires et métabolites |
Intérêt pour la filière viti-vinicole
:
Les résidus de produits phytosanitaires représentent
un argument de poids dans les négociations commerciales
des produits frais et transformés. Une précédente
étude nationale a permis, en complément des
enquêtes et autres études réalisées
sur le sujet, de bien définir la situation des principales
matières actives utilisées en viticulture vis
à vis du risque résidu. Seules quelques molécules
se retrouvent dans les vins. Une proposition de LMR (limites
maximales de résidus) dans les vins a été
présentée à l’OIV (Organisation
Internationale de la Vigne et du Vin). L’élimination
de la majorité des molécules mères pendant
la « vinification classique » est confirmée,
mais que deviennent ces résidus pendant les process
de transformation ? Depuis janvier 2004, ITV France a constitué
un groupe de travail composé de centres ACTIA ( BNIC,
CTCPA, ITERG ) de l’UIPP et de l’expert résidus
du SRPV, afin de travailler sur la transformation des résidus,
notamment à la chaleur.
Partenaires techniques de l’action : Unité
ITV France Orange, Institut Rhodanien, lycées viti-vinicoles
de Rodilhan et d’Orange.
Derniers résultats acquis :
Certains itinéraires de vinification et notamment
ceux qui utilisent le chauffage, peuvent entraîner
une dégradation des molécules phytosanitaires
et la formation de métabolites qui peuvent être
plus ou moins toxiques que la molécule mère.
L’objectif principal de cette action est de connaître
l’impact des techniques de vinification utilisant
le chauffage sur la dégradation de molécules
phytosanitaires choisies. Les techniques de chauffage étudiées
sont très utilisées dans les régions
méridionales comme la M.P.C.(Macération préfermentaire
à Chaud), la thermovinification ou encore la «
Flash détente » .
Nous étudions le folpel et son métabolite
le phtalimide, la procymidone et son métabolite la
3.5 dichloroaniline ou 3.5 DCA et le mancozèbe et
son métabolite l’éthylène thiourée
ou ETU.
Les résultats des deux premières années
d’étude montrent que la température
et la durée du chauffage n’ont aucune influence
sur la dégradation du folpel en phtalimide et de
la procymidone en 3.5 DCA. Aussi bien en laboratoire que
dans la pratique, les résultats ne montrent pas de
différence entre les modalités chauffées
et non chauffées, ni entre les différentes
techniques de vinification. En revanche, la MPC et la flash
détente provoquent une dégradation importante
du mancozèbe en son métabolite l’ETU
(environ 3 à 4 fois plus de résidus dans les
deux vins issus de vendange chauffée que dans la
vinification classique). Les teneurs retrouvées vont
de 0.035 mg/l pour les vins traditionnels à 0.120
mg/l pour les vins issus de vendange chauffée . Ces
teneurs ne sont pas négligeables si l’on tient
compte de la Dose Journalière Acceptable de l’ETU
(0.002 mg/kg de poids corporel/jour ), de la consommation
en vin au percentile 97.5 (0.423 l/personne/jour) et des
autres sources potentielles d’apport d’ETU dans
l’alimentation (épinard, tomate, pomme, haricot
…). Ces résultats doivent toutefois être
confirmés lors de la troisième année
d’étude.
Afin de valider cette étude menée en conditions
expérimentales, nous envisageons de poursuivre par
une enquête sur site, dans des caves coopératives
utilisant le mancozèbe et des techniques de vinification
par chauffage de la vendange .
Bibliographie consultable :
GRINBAUM M., VIGNE V., Résultats d’une étude
sur les résidus de produits phytosanitaires dans
les raisins et les vins de la Vallée du Rhône,
Entretiens Viti-Vinicoles Rhône-Méditérranée,
2001.
GRINBAUM M., VIGNE V., Etude des résidus de produits
phytosanitaires dans les raisins, les vins et les alcools
dans des conditions pratiques d’emploi au vignoble
– Fixation des LMR dans les vins, Revue Française
d’œnologie n° 199, Mars/Avril 2003.
GRINBAUM M., Réduire au maximum les risques résidus,
VITI Technique n°283, Mars 2003.
GRINBAUM M., Résidus phytosanitaires : un bilan
satisfaisant dans les vins. Exemples de démarches
pour les réduire au maximum, EUROVITI, Novembre 2003
Bordeaux.
CUGIER J.P., Les résidus de pesticides sur raisins
et dans les vins : quelles garanties pour le consommateur
?, 7èmes Rencontres Rhodaniennes, Mars 2003.
CUGIER J.P., BRUCHET S., Plan de surveillance résidus
en Viticulture, 1990-2003, Direction Générale
de l’Alimentation, Mai 2005, téléchargeable
sur :
http://www.agriculture.gouv.fr/spip/IMG/pdf/enqueteraisin.pdf
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