Intérêt pour la filière :
Les maladies du bois préoccupent les viticulteurs car
elles provoquent la destruction de la souche. Elles mettent
ainsi en péril leur outil de production et sa longévité
et par conséquent la viabilité des exploitations.
La difficulté à proposer des méthodes
de lutte à court terme est liée à une
mauvaise connaissance de ces maladies complexes mettant en
jeu plusieurs champignons et à la durée des
expérimentations trop longues pour révéler
leur efficacité.
Notre objectif est d’apporter :
•
de nouvelles connaissances sur ces
maladies (cycle biologique des champignons, compréhension
de l’apparition des symptômes foliaires)
•
trouver des méthodes de lutte respectueuses
de l’environnement et économiquement acceptables.
Partenaires techniques :
Université/CNRS de Poitiers, Université de Bordeaux
I Sciences de la Vigne, ENITAB, INRA 33, BNIC, CIVAM 20, CIVC,
Inter-Rhône, SPBPVV, SRPV, CA 11, 17, 26, 33, 34, 66,
84, GRAB, Fredon 21, 84.
En partenariat également le Muséum d’Histoire
Naturelle de Paris, les sociétés de produits
biologiques et phytosanitaires.
Principaux résultats :
Amélioration des connaissances sur les
maladies du bois
Le cycle biologique
Les analyses microbiologiques montrent la présence
des champignons associés à l’esca (Phaeomoniella
chlamydospora (Pch), Phaeoacremonium aleophilum (Pal), au
BDA (Botryosphaeria spp.) et de l’agent responsable
de l’excoriose dans les plants à la sortie de
la pépinière. Leur localisation diffère
dans les plants. Les Botryosphaeria spp., Phomopsis viticola,
Pch et Pal sont présents préférentiellement
dans leur partie haute (greffon, soudure, haut du porte-greffe)
alors que Pch peut être rencontré aussi bien
dans les zones situées à leur base (talon, plaie
d’éborgnage, bas du porte-greffe) ou dans la
partie haute.
En pépinières, les étapes au cours desquelles
ont eu lieu les contaminations ont été en partie
identifiées. Il s’agirait de la réhydratation
et/ou de la stratification pour les Botryosphaeria. Les bains
de stratification constituent des étapes au cours desquelles
auraient lieu des pollutions du matériel végétal
par Pch.
Dans le vignoble, des essais ont été mis en
place en 2005 pour identifier la période de dissémination
et les voies de pénétration de Pal et de B.
obtusa. Pal se dissémine pendant la période
végétative. Il est capable de contaminer les
plaies de taille après la période de pleurs.
Pour le B. obtusa, il se dissémine suite à des
pluies pendant toute l’année mais plus particulièrement
pendant la période végétative. Ces disséminations
sont également observées en absence de pluies
(causes non connues). Les voies de pénétration
semblent être, entre autres, les plaies de taille et
les plaies d’ébourgeonnage.
Une meilleure connaissance des symptômes sur
la végétation
Un suivi hebdomadaire de parcelles atteintes par les
maladies du bois (Esca, BDA) permettra de connaître
les facteurs climatiques favorables à leur manifestation
et de mesurer l’influence du viticulteur sur cette
expression. Cette étude, initiée à
Nîmes en 2003, a été élargie
à d’autres unités en 2004 : Beaune,
Bordeaux, Colmar et Gaillac. Dans le réseau national,
dix-neuf parcelles sont suivies. Les résultats ne
seront disponibles que dans plusieurs années.
Les méthodes de lutte
Le criblage de produits biologiques : les micro-organismes
antagoniste
|
Des
tests réalisés au laboratoire ont permis
de sélectionner une souche de Gliocladium roseum
intéressante pour pouvoir contrôler le
développement de Eutypa lata et Pch, et de
nouvelles souches de Trichoderma pour contrôler
le développement de Pch.
En protection des plaies de taille, les Trichoderma
harzianum ne sont pas de bons agents biologiques pour
empêcher le développement de Pch et d’Eutypa
lata. Les Trichoderma atroviride ne retardent
que la colonisation de la plaie par E. lata. Ils sont
toujours de bons candidats pour contrôler le
développement de Pch sur une plaie. Parmi les
autres micro-organismes testés en protection
des plaies de taille seule la souche de Gliocladium
roseum semble intéressante pour pouvoir contrôler
le développement d’E. lata et de Pch. |
 |
Inhibition
de la croissance
de Eutypa lata (à gauche)
par Gliocladium roseum (à droite) |
La protection des plaies de taille
Un produit à base de carbendazime et de flusilazole
(produit A) (quatre fois moins concentré que l’escudo)
a été testé en protection des plaies
de taille par pulvérisation à l’égard
des contaminations naturelles de Pch. Dans ces conditions
expérimentales, le produit A ne s’est pas montré
efficace, même en présence d’une pression
d’inoculum faible, contrairement à l’escudo
qui assure une bonne protection et une persistance satisfaisante.
A l’égard de Pal, ce produit ainsi que l’escudo
n’assure pas une bonne protection des plaies de taille.
|
Efficacité
de produits anti-fongiques à l’égard
de Pch sur des plaies de taille |
| |
Taille décembre |
| ESCUDO |
100 % |
| PRODUIT A |
- 20,53 % |
La bouillie sulfo-calcique est inefficace en protection
des plaies de taille à l’égard de Phaeomoniella
chlamydospora (champignon pionnier de l’esca). Elle
n’a aucune action éradiquante sur les sources
d’inoculum de Botryosphaeria obtusa.
Evaluation de l’efficacité des Trichoderma
en application au sol et par pulvérisation sur
souches
Cet essai mis en place par l’unité de Beaune
en 2002 sur une vigne atteinte par l’esca/BDA montre
après quatre années d’expérimentation
que l’apport de Trichoderma sous différentes
formes n’a pas révélé d’efficacité
suffisante pour garantir la pérennité du vignoble.
Effet de pratiques culturales sur l’incidence
des maladies du bois
Un suivi de parcelles depuis plus de dix ans dans le Beaujolais
a permis de montrer que la taille tardive (mars) permet
de limiter l’eutypiose. La taille cordon est plus
sensible à l'eutypiose. Le fait de tailler court
et l'absence d'ébourgeonnage du cordon peut expliquer
cette plus grande sensibilité. Par contre la suppression
des rameaux du vieux bois, en augmentant la vigueur, favorise
cette maladie.
Concernant l'esca, les résultats sont variables d'une
situation à l'autre et il est difficile d'en tirer
une conclusion quant à l'influence de la taille sur
cette maladie.
Bibliographie :
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